Christian Choisy, maître d'une abstraction qui chantonne en sourdine
Christian Choisy, actuellement chez Marbach, est si discret qu'il s'en fallait de peu d'être oublié. Ce qui eût été profondément regrettable car ses 36 compositions méritent attention.
D'abord, par la technique de l'auteur qui n'a besoin ni de matière ni de couleurs provocantes pour séduire et obtenir l'effet souhaité, tout de finesse et de rigueur. Parce que Choisy, maitre d'une abstraction qui chantonne en sourdine, est un peintre minimaliste économe de la matière, mais possédant l'art subtil de suggérer. Il use d'une perfection dépouillée qui se nourrit de la blancheur des toiles et révèle la délicatesse des éléments que Choisy, subtilement, dispose et organise.
Par grands aplats séparés, mais souvent en rupture d'assonance entre eux, il obtient des contrastes surprenants. Ainsi un aplat rectangulaire noir d'ébène s'oppose-t-il à des affleurantes de jaune, d'orange ou de gris. Et parfois autour d'un seul trait bleu, fil conducteur, il met en place l'imaginaire d'un funambule et la toile ravaudée d'une invisible araignée.
Non content de ce savoir minimaliste, Choisy exprime ici la délicatesse de la touche. Finalement, les toiles que signe l'auteur sont frôlées, affleurées et même effleurées. Quelle élégance et quelle sobriété ! Les tiges des rouges coquelicots ont la finesse de fils de la vierge.
Tout ici est en contrastes. Les esquisses n'en finissent plus d'agrémenter, trois roses jaunes en juillet, promenades en bleu, personnages silhouettés comme autant de visiteurs d'un atelier de Giacometti, printemps à St-Paul de Vence .. De la belle ouvrage.